Lexique
Les mots de la convention métallurgie, définis un par un
83 termes de la paie, de la convention de branche et des organisations de travail de la métallurgie. Chaque définition tient seule, sans renvoi à la précédente.
A
- Accord territorial
L'accord territorial est un accord collectif négocié à l'échelle d'un département ou d'une région par une commission paritaire locale. Dans la métallurgie, il fixe notamment la valeur du point servant au calcul de la prime d'ancienneté ainsi que les indemnités de repas, que la convention nationale ne traite pas. Sa date d'effet lui est propre, ce qui impose un suivi territoire par territoire.
- Ancienneté
L'ancienneté est la durée de la relation de travail dans l'entreprise, appréciée à la date considérée. Elle intègre les périodes assimilées par la loi et par la convention collective, ainsi que la reprise d'ancienneté éventuellement prévue au contrat. Elle conditionne de nombreux droits : prime d'ancienneté, maintien de salaire en maladie, préavis et indemnités de rupture.
- Arrêt de tranche
L'arrêt de tranche est l'immobilisation programmée d'une unité de production pour maintenance, révision ou rechargement. Il concentre sur quelques semaines un volume important d'heures supplémentaires, de travail de nuit et de recours à l'intérim, avec les majorations correspondantes. Sa préparation en paie se fait en amont, car les variables à traiter dépassent largement celles d'un mois ordinaire.
- Assiette de comparaison
L'assiette de comparaison est l'ensemble des éléments de rémunération retenus pour vérifier qu'un salarié atteint le minimum conventionnel applicable. En métallurgie, elle exclut la prime d'ancienneté de branche, les primes exceptionnelles, l'épargne salariale et les primes liées aux organisations particulières de travail. Elle s'apprécie sur l'année civile complète, le minimum étant une garantie annuelle.
- Astreinte
L'astreinte est la période pendant laquelle le salarié, sans être sur son lieu de travail ni à la disposition permanente de l'employeur, doit rester en mesure d'intervenir. Elle ouvre droit à une contrepartie financière ou en repos, distincte de la rémunération du temps d'intervention lui-même. En métallurgie, cette contrepartie se calcule à partir du taux horaire du salaire minimum hiérarchique.
- Avantage en nature
L'avantage en nature est la mise à disposition d'un bien ou d'un service par l'employeur, à titre gratuit ou à un prix inférieur à sa valeur réelle. Véhicule, logement, repas et outils de communication en sont les formes les plus courantes. Il constitue un élément de rémunération : il doit être évalué, soumis à cotisations et porté sur le bulletin de paie.
- Avenant de branche
L'avenant de branche est un texte modifiant une convention collective, négocié et signé par les organisations représentatives du secteur. Il ne s'impose à toutes les entreprises du champ qu'après extension par arrêté ministériel, les entreprises adhérentes d'une organisation signataire y étant tenues dès sa signature. Sa date d'effet peut être antérieure à son extension, ce qui rend les revalorisations rétroactives fréquentes.
B
- Barème
Le barème est le tableau qui associe une position dans la classification à un montant minimal de rémunération. Selon les branches, il s'exprime en montants mensuels ou annuels, ou résulte de l'application d'une valeur de point à un coefficient. Il est revalorisé par avenant, avec une date d'effet qui n'est pas toujours celle de la signature.
- Base mensuelle
La base mensuelle est le nombre d'heures servant de référence au calcul du salaire et du taux horaire. Elle correspond à 151,67 heures pour une durée hebdomadaire de 35 heures, mais certaines branches industrielles retiennent 152,25 heures, notamment le textile et les imprimeries de labeur. Une base erronée fausse le taux horaire, donc les majorations et les retenues pour absence.
- Bulletin de paie
Le bulletin de paie est le document remis au salarié à chaque échéance, qui détaille la rémunération versée et les cotisations correspondantes. Il doit mentionner la position du salarié dans la classification conventionnelle ainsi que l'identifiant de la convention applicable. Certains éléments, comme la prime d'ancienneté en métallurgie, doivent y figurer sur une ligne distincte.
C
- Cadre dirigeant
Le cadre dirigeant est le salarié auquel sont confiées des responsabilités impliquant une large indépendance dans l'organisation de son emploi du temps, une habilitation à décider de façon largement autonome et une rémunération parmi les plus élevées de l'entreprise. Il est exclu des dispositions relatives à la durée du travail. La convention de la métallurgie lui consacre des stipulations propres.
- Carence
La carence est le délai au terme duquel une indemnisation commence à courir. En métallurgie, le maintien de salaire de l'employeur ne comporte ni franchise ni carence : il démarre au premier jour entièrement non travaillé. Appliquer un délai de carence par report d'un usage territorial antérieur est une erreur qui donne lieu à rappel.
- Catégorie objective
La catégorie objective est le critère admis par la réglementation pour définir les bénéficiaires d'un régime de protection sociale complémentaire sans lui faire perdre son caractère collectif. Depuis 2024, la métallurgie impose de la construire par référence aux classes d'emplois et aux articles 2.1 et 2.2 de l'accord national interprofessionnel du 17 novembre 2017. Une définition fondée sur des références disparues expose à la réintégration des contributions patronales.
- Classe d'emploi
La classe d'emploi est le niveau de classement obtenu par un emploi à l'issue de sa cotation, de la classe 1 à la classe 18 dans la métallurgie. Elle détermine le minimum conventionnel applicable ainsi que le taux de la prime d'ancienneté. Deux classes consécutives forment un groupe d'emplois.
- Classification
La classification est le dispositif conventionnel qui range les emplois d'une branche selon leur contenu, afin d'y rattacher des droits et des minima. Elle repose, selon les branches, sur des coefficients, sur des niveaux et échelons, ou sur une cotation par critères. Elle porte sur l'emploi tenu et non sur la personne qui l'occupe.
- Commission paritaire territoriale de négociation
La commission paritaire territoriale de négociation est l'instance qui, dans la métallurgie, négocie les accords applicables à un territoire donné. Elle fixe notamment la valeur du point servant au calcul de la prime d'ancienneté ainsi que les indemnités de repas et de petits déplacements. Sa compétence géographique et ses domaines d'intervention figurent en annexe de la convention.
- Compte épargne-temps
Le compte épargne-temps est le dispositif permettant à un salarié d'accumuler des droits à congé rémunéré ou de se constituer une rémunération différée. Il peut être alimenté à l'initiative du salarié et, dans certaines conditions, de l'employeur. Il porte une dette valorisée, qui doit être reprise avec son historique lors d'un changement de gestionnaire de paie.
- Compte professionnel de prévention
Le compte professionnel de prévention recense les expositions d'un salarié à certains facteurs de risques professionnels et lui ouvre des droits utilisables en formation, en passage à temps partiel ou en retraite anticipée. Le travail de nuit et le travail en équipes successives alternantes en font partie, au-delà de seuils annuels fixés par le code du travail. L'exposition se déclare par la déclaration sociale nominative.
- Contingent annuel
Le contingent annuel est le volume d'heures supplémentaires qu'un salarié peut accomplir dans l'année sans ouvrir droit à la contrepartie obligatoire en repos. Il est fixé par accord collectif et, à défaut, par le code du travail. En métallurgie, il est réduit lorsque le temps de travail est aménagé sur une période de douze mois.
- Contrepartie obligatoire en repos
La contrepartie obligatoire en repos est le repos dû au salarié au titre des heures supplémentaires accomplies au-delà du contingent annuel. Son taux dépend de l'effectif de l'entreprise et s'ajoute à la majoration salariale des heures concernées. Elle se suit dans un compteur individuel, dont le solde doit être repris lors d'un changement de gestionnaire.
- Convention collective
La convention collective est l'accord conclu entre organisations d'employeurs et de salariés qui fixe les règles applicables à une branche d'activité. Elle complète le code du travail et lui est le plus souvent plus favorable. Son champ d'application se détermine par l'activité réelle de l'entreprise ou de l'établissement, le code attribué par l'institut national de la statistique n'ayant qu'une valeur indicative.
- Convention de forfait
La convention de forfait est l'accord individuel écrit par lequel la rémunération d'un salarié couvre un volume d'heures ou de jours travaillés dans l'année. Elle suppose un accord collectif la prévoyant, un suivi effectif de la charge de travail et des entretiens réguliers. Son irrégularité expose à la nullité du forfait et à un rappel d'heures supplémentaires.
- Cotation
La cotation est l'opération par laquelle un emploi est évalué critère par critère afin de déterminer son classement. Dans la métallurgie, elle repose sur six critères classants appréciés chacun sur dix degrés, dont la somme donne un total de points converti en classe d'emploi. Elle s'appuie sur une description écrite de l'emploi, comme l'expose notre guide sur la cotation d'un emploi.
- Cotisation APEC
La cotisation APEC finance l'association pour l'emploi des cadres et n'est due que pour certaines catégories de salariés. Dans la métallurgie, elle est due à partir de la classe 9, donc avant l'acquisition du statut cadre conventionnel, qui intervient à la classe 11. Son omission sur les classes 9 et 10 est une erreur fréquente et redressable.
- Critère classant
Le critère classant est l'un des axes d'analyse retenus pour coter un emploi. La métallurgie en retient six, réputés d'égale importance et indépendants les uns des autres : complexité de l'activité, connaissances, autonomie, contribution, encadrement et coopération, communication. Aucun ne peut en compenser un autre, et chacun doit être justifié par écrit.
D
- Décision unilatérale de l'employeur
La décision unilatérale de l'employeur est l'acte par lequel celui-ci institue seul un avantage au profit des salariés, notamment un régime de protection sociale complémentaire. Elle doit être écrite, remise à chaque salarié concerné et définir précisément les bénéficiaires. Sa rédaction conditionne le bénéfice des exonérations attachées aux contributions patronales.
La déclaration sociale nominative est la déclaration mensuelle unique par laquelle l'employeur transmet aux organismes les données individuelles de paie et les mouvements de personnel. Elle sert au recouvrement des cotisations, à l'ouverture des droits et au suivi des expositions professionnelles. Une donnée erronée en paie s'y propage et revient sous forme d'anomalie dans les comptes rendus métier.
- Décompte en jours
Le décompte en jours est le mode d'organisation du temps de travail dans lequel la durée est mesurée en journées et demi-journées travaillées sur l'année, et non en heures. Il concerne les salariés disposant d'une autonomie réelle dans l'organisation de leur emploi du temps. Il s'accompagne d'obligations de suivi de la charge de travail et d'un droit à la déconnexion.
- Degré
Le degré est le niveau retenu pour un critère classant lors de la cotation d'un emploi. Dans la métallurgie, chaque critère est apprécié sur dix degrés, et la somme des six degrés retenus donne la cotation de l'emploi. Un seul degré modifié suffit à changer de classe lorsque le total se situe à une frontière.
E
- Équipe de suppléance
L'équipe de suppléance est l'équipe qui remplace les équipes habituelles pendant leurs jours de repos, généralement en fin de semaine. Sa rémunération fait l'objet d'une majoration minimale fixée par le code du travail par rapport à celle qui serait due pour une durée équivalente accomplie en horaire normal. Le décompte du temps et le calcul des absences y obéissent à des règles propres.
- Équipes successives
Les équipes successives désignent l'organisation dans laquelle plusieurs équipes se relaient sur un même poste de travail, sans chevauchement. En métallurgie, cette organisation ouvre droit à une contrepartie par poste accompli, calculée sur la base du salaire minimum hiérarchique. Le droit naît du poste accompli, indépendamment de l'affectation habituelle du salarié.
- Exonération LODEOM
L'exonération LODEOM est le dispositif d'allègement de cotisations patronales de sécurité sociale réservé aux employeurs implantés dans les départements d'outre-mer. Elle comporte plusieurs barèmes dont l'accès dépend du secteur d'activité, de l'effectif et du chiffre d'affaires, l'industrie relevant du barème dit de compétitivité renforcée. Elle ne se cumule pas avec la réduction générale de cotisations.
- Extension
L'extension est l'arrêté ministériel qui rend une convention ou un avenant de branche obligatoire pour toutes les entreprises entrant dans son champ, y compris celles qui n'adhèrent à aucune organisation signataire. Elle intervient après avis de la commission nationale compétente et peut comporter des réserves ou des exclusions. Un texte non étendu ne s'impose qu'aux adhérents des organisations signataires.
F
- Feu continu
Le feu continu désigne une organisation de production fonctionnant vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, sans interruption. Il est imposé par des procédés qui ne supportent pas l'arrêt, comme un four verrier ou une ligne de traitement chimique. Il se traduit en paie par un cumul de contreparties de nuit, de dimanche et de jours fériés, soumis à la règle de non-cumul.
- Forfait annuel en heures
Le forfait annuel en heures est la convention par laquelle la rémunération d'un salarié couvre un volume annuel d'heures convenu, supérieur à la durée légale. Il suppose un accord collectif, une convention individuelle écrite et des modalités de contrôle. En métallurgie, la rémunération minimale correspondante est le salaire minimum hiérarchique majoré de 15 %.
- Forfait annuel en jours
Le forfait annuel en jours est la convention par laquelle la durée du travail d'un salarié est décomptée en journées travaillées sur l'année. En métallurgie, il vise les cadres des groupes F à I ainsi que les salariés non-cadres réellement autonomes, et la rémunération minimale correspondante est le salaire minimum hiérarchique majoré de 30 %. Le non-respect des obligations de suivi expose à la nullité du forfait.
- Frais professionnels
Les frais professionnels sont les dépenses engagées par le salarié pour les besoins de son activité, remboursées par l'employeur sans constituer un élément de rémunération. Leur exonération suppose que les conditions d'attribution soient réunies et que les montants restent dans les limites admises. À défaut de justification, ils sont requalifiés en salaire et soumis à cotisations.
G
- Garantie conventionnelle individuelle de rémunération
La garantie conventionnelle individuelle de rémunération est le mécanisme transitoire qui protège la rémunération d'un salarié lors du passage à un nouveau dispositif conventionnel. Dans la métallurgie, elle donne lieu, le cas échéant, à un complément versé sur une ligne dédiée du bulletin. Sa disparition lors d'un changement de logiciel ou de prestataire constitue une réduction unilatérale de rémunération.
- Groupe d'emplois
Le groupe d'emplois est le regroupement de deux classes consécutives dans la classification de la métallurgie, de A à I. Il commande notamment le préavis de démission, le régime de maintien de salaire en maladie, le régime d'indemnité de licenciement et l'éligibilité au forfait annuel en jours. Le statut cadre conventionnel s'acquiert à partir du groupe F.
H
- Habillage et déshabillage
L'habillage et le déshabillage désignent les opérations de mise et de retrait d'une tenue dont le port est imposé et qui doit être revêtue sur le lieu de travail. Ce temps n'est pas du temps de travail effectif, mais il ouvre droit à une contrepartie financière ou en repos. En métallurgie, la contrepartie est due par semaine comportant au moins une opération d'habillage, même incomplète.
- Heures supplémentaires
Les heures supplémentaires sont les heures accomplies au-delà de la durée légale hebdomadaire, à la demande de l'employeur. Elles ouvrent droit à une majoration de 25 % pour les huit premières puis de 50 % au-delà, sauf taux conventionnel différent, et peuvent être remplacées par un repos équivalent. Au-delà du contingent annuel, elles ouvrent en outre une contrepartie obligatoire en repos.
I
- Identifiant de convention collective
L'identifiant de convention collective est le code à quatre chiffres qui désigne une convention dans les déclarations sociales et sur le bulletin de paie. Un code fermé, comme ceux des anciennes conventions territoriales de la métallurgie, produit une anomalie déclarative. Il doit correspondre à la convention réellement applicable à l'établissement, déterminée par son activité réelle.
- Inaptitude
L'inaptitude est la situation dans laquelle le médecin du travail constate que l'état de santé du salarié ne lui permet plus d'occuper son poste. Elle ouvre une obligation de recherche de reclassement à la charge de l'employeur. Lorsque le reclassement entraîne une réduction de rémunération, la convention de la métallurgie prévoit un maintien temporaire de la rémunération antérieure.
- Indemnité de licenciement
L'indemnité de licenciement est la somme due au salarié licencié, sauf faute grave ou lourde, calculée à partir d'un salaire de référence et de l'ancienneté. Le montant conventionnel se compare systématiquement au montant légal, le plus favorable étant dû. En métallurgie, deux régimes distincts s'appliquent selon que le salarié relève des groupes A à E ou des groupes F à I.
- Index d'égalité professionnelle
L'index d'égalité professionnelle est l'outil de mesure des écarts de situation entre les femmes et les hommes que certaines entreprises doivent calculer et publier chaque année. Il s'alimente des données de paie et de classification, notamment de la répartition des salariés par catégorie. Une incohérence de paramétrage en paie se répercute directement dans son résultat.
- Intérim
L'intérim désigne la mise à disposition d'un salarié par une entreprise de travail temporaire auprès d'une entreprise utilisatrice. Le salarié relève de la convention du travail temporaire pour son statut, mais bénéficie d'une rémunération au moins égale à celle d'un salarié de l'entreprise utilisatrice occupant un poste équivalent. Déterminer ce poste équivalent suppose d'identifier la classe d'emploi correspondante.
J
- Jour férié
Le jour férié est une journée de fête légale au cours de laquelle le travail peut être suspendu. Seul le 1er mai est obligatoirement chômé, sous réserve des établissements qui ne peuvent interrompre leur activité. Les départements d'outre-mer connaissent en outre un jour férié local commémorant l'abolition de l'esclavage, à une date qui leur est propre.
L
- Lettre d'observations
La lettre d'observations est le document par lequel l'inspecteur du recouvrement expose, à l'issue d'un contrôle, ses constats et le montant du redressement envisagé. Elle ouvre une phase contradictoire pendant laquelle l'employeur dispose d'un délai pour répondre point par point, en produisant les pièces justificatives. L'organisme doit répondre à ces observations avant toute mise en recouvrement.
- Lissage de la rémunération
Le lissage de la rémunération est le versement d'un salaire mensuel constant lorsque la durée du travail est aménagée sur une période supérieure à la semaine. Il déconnecte la rémunération du nombre d'heures réellement accomplies chaque mois, une régularisation intervenant en fin de période. Les absences, les arrivées et les départs en cours de période appellent un traitement particulier.
M
- Maintien de salaire
Le maintien de salaire est l'indemnisation complémentaire versée par l'employeur au salarié en arrêt de travail, en sus des indemnités journalières de la sécurité sociale. Sa durée et son taux dépendent de l'ancienneté et, dans la métallurgie, du groupe d'emplois. Il s'apprécie par année civile, avec des règles propres aux arrêts qui chevauchent deux exercices.
- Majoration de nuit
La majoration de nuit est le supplément de rémunération dû au titre des heures accomplies pendant la période nocturne. En métallurgie, le travailleur de nuit perçoit une majoration assise sur le salaire minimum hiérarchique, alors que le travail exceptionnel de nuit est majoré sur le salaire de base. Confondre les deux régimes fausse le bulletin, les bases de calcul n'étant pas les mêmes.
- Minimum conventionnel
Le minimum conventionnel est la rémunération plancher attachée à une position dans la classification d'une branche. Il s'exprime en montant mensuel dans la plupart des conventions industrielles et en montant annuel dans la métallurgie. Lorsqu'il est inférieur au salaire minimum de croissance, c'est ce dernier qui s'applique.
- Mise à la retraite
La mise à la retraite est la rupture du contrat à l'initiative de l'employeur en raison de l'âge du salarié, encadrée par des conditions strictes. Elle est impossible avant un âge fixé par la loi et suppose, dans une tranche d'âge intermédiaire, l'interrogation annuelle du salarié, qui peut refuser. Elle ouvre droit à une indemnité et donne lieu à une contribution patronale spécifique.
- Modulation
La modulation désigne l'aménagement de la durée du travail sur une période supérieure à la semaine, permettant de faire varier les horaires selon l'activité. Elle s'accompagne d'un lissage de la rémunération et d'une régularisation en fin de période. En métallurgie, ce dispositif est directement applicable sans accord d'entreprise, dans la limite d'une période d'un an.
N
- Non-cumul des majorations
Le non-cumul des majorations est la règle selon laquelle, lorsque plusieurs majorations sont susceptibles de s'appliquer à une même heure de travail, seule la plus élevée est due. En métallurgie, elle vise les majorations pour travail exceptionnel de nuit, du dimanche et des jours fériés. Les paramétrages standards des logiciels de paie l'ignorent souvent et empilent les compteurs.
- Notification de classement
La notification de classement est l'écrit par lequel l'employeur informe le salarié de la position retenue à l'issue de la cotation de son emploi. Dans la métallurgie, elle indique le groupe et la classe, et ouvre au salarié un délai d'un mois pour demander le détail critère par critère et contester. L'employeur dispose à son tour d'un mois pour répondre.
O
- Organisme assureur
L'organisme assureur est l'entreprise d'assurance, l'institution de prévoyance ou la mutuelle qui porte les garanties d'un régime de protection sociale complémentaire. La branche de la métallurgie n'en a désigné aucun mais a créé un label identifiant les offres conformes à son cahier des charges. L'entreprise reste libre de son choix, sous réserve d'un niveau de garanties au moins équivalent au socle conventionnel.
P
- Panier
Le panier est l'indemnité versée au salarié contraint de se restaurer sur son lieu de travail ou pendant un poste de nuit. En métallurgie, il ne relève pas de la convention nationale mais d'accords territoriaux, ce qui impose d'identifier le territoire de rattachement de l'établissement. Un montant versé sans texte applicable ni justificatif est requalifié en élément de rémunération.
- Période d'essai
La période d'essai est la phase initiale du contrat pendant laquelle chaque partie peut y mettre fin sans motif, dans le respect d'un délai de prévenance. Sa durée et ses conditions de renouvellement dépendent de la catégorie du salarié et de la convention applicable. En métallurgie, elle se compte en mois et en semaines calendaires, notion à manier avec précaution.
Le plafond de la sécurité sociale est le montant de référence servant à découper l'assiette des cotisations en tranches et à calculer certaines prestations. Il est révisé chaque année et se proratise en cas de temps partiel, d'entrée ou de sortie en cours de période. Son cumul doit être repris exactement lors d'un changement de gestionnaire de paie en cours d'année.
- Préavis
Le préavis est le délai qui sépare la notification de la rupture du contrat de sa date d'effet. Sa durée dépend du motif de la rupture, de la convention applicable et, selon les cas, de l'ancienneté, du groupe d'emplois ou de l'âge du salarié. En métallurgie, le préavis de démission dépend du seul groupe d'emplois, sans condition d'ancienneté.
- Prévoyance
La prévoyance est l'ensemble des garanties couvrant les risques d'incapacité de travail, d'invalidité et de décès. Elle est obligatoire dans la métallurgie, avec une cotisation minimale de branche différenciée entre les cadres et assimilés d'une part, les non-cadres d'autre part. La définition des bénéficiaires doit reposer sur des catégories objectives valides, sous peine de perte des exonérations.
- Prime d'ancienneté
La prime d'ancienneté est le supplément de rémunération lié à la durée de présence du salarié dans l'entreprise. En métallurgie, elle est réservée aux classes 1 à 10, démarre à trois ans d'ancienneté, cesse d'augmenter à quinze ans et croise un taux fixé par classe, de 1,45 % à 3,80 %, avec une valeur du point territoriale. Son calcul est détaillé dans notre guide sur la prime d'ancienneté.
- Prime de vacances territoriale
La prime de vacances territoriale est une prime versée avant la période estivale, dont le montant et les conditions sont arrêtés par un accord local plutôt que par le texte national de la branche. Ce type de stipulation subsiste dans les secteurs où une partie de la négociation salariale est restée territoriale. Son application suppose de rattacher chaque établissement au territoire de négociation dont il relève.
La protection sociale complémentaire est l'ensemble des garanties de prévoyance et de frais de santé qui s'ajoutent au régime de base de la sécurité sociale. Dans la métallurgie, elle est obligatoire depuis le 1er janvier 2023, soit un an avant l'entrée en vigueur du reste de la convention. Elle repose sur un socle minimal de garanties et sur des taux de cotisation et de répartition fixés par la branche.
Q
- Quotité de travail
La quotité de travail est la fraction d'un temps plein correspondant à la durée contractuelle d'un salarié. Elle sert à proratiser le minimum conventionnel, la prime d'ancienneté, le plafond de la sécurité sociale et de nombreux compteurs. Une quotité erronée fausse simultanément plusieurs calculs, sans qu'aucun d'eux ne paraisse aberrant pris isolément.
R
- Réduction générale de cotisations
La réduction générale de cotisations est l'allègement de cotisations patronales dont bénéficient les rémunérations inférieures à un multiple du salaire minimum de croissance. Elle est dégressive et s'annule au-delà d'un seuil. Elle ne se cumule pas avec les dispositifs d'exonération propres à certains territoires, l'employeur retenant le plus favorable.
- Régime local d'Alsace-Moselle
Le régime local d'Alsace-Moselle est le régime complémentaire obligatoire d'assurance maladie applicable dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle. Il améliore les remboursements du régime général, ce qui modifie l'articulation avec la couverture complémentaire d'entreprise et le calcul du maintien de salaire. La convention de la métallurgie lui consacre des dispositions spécifiques.
- Rémunération annuelle garantie
La rémunération annuelle garantie est le montant minimal qu'un salarié doit percevoir sur une année complète au titre de son classement. Elle se distingue d'un minimum mensuel en ce qu'elle autorise des variations de rémunération en cours d'année, la comparaison se faisant à la clôture. Elle se proratise en cas de temps partiel, d'entrée ou de sortie en cours d'année.
- Repos compensateur
Le repos compensateur est le temps de repos accordé en contrepartie d'heures accomplies, en remplacement de leur paiement ou en supplément de celui-ci. Il se distingue de la contrepartie obligatoire en repos, qui est due au-delà du contingent annuel d'heures supplémentaires. Il se suit dans un compteur individuel, dont le solde doit être repris lors d'un changement de gestionnaire.
- Révision-extinction
La révision-extinction est le procédé par lequel une branche remplace un ensemble de textes antérieurs par une convention unique qui les prive d'effet. La métallurgie en offre l'exemple le plus large, avec la substitution d'un texte national aux conventions territoriales et catégorielles antérieures. Les identifiants des textes remplacés sont fermés et ne peuvent plus être utilisés en déclaration.
- Rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle est le mode de rupture du contrat à durée indéterminée reposant sur un accord entre l'employeur et le salarié, soumis à homologation administrative. Elle donne lieu à une indemnité spécifique qui ne peut être inférieure à l'indemnité de licenciement applicable. En métallurgie, la comparaison se fait avec l'indemnité conventionnelle lorsque celle-ci est plus favorable que l'indemnité légale.
S
- Salaire minimum de croissance
Le salaire minimum de croissance est le salaire horaire plancher applicable à tout salarié, quel que soit son secteur d'activité. Son respect s'apprécie chaque mois, indépendamment du contrôle du minimum conventionnel, qui peut être annuel. Lorsqu'un minimum conventionnel lui est inférieur, c'est le salaire minimum de croissance qui s'applique.
- Salaire minimum hiérarchique
Le salaire minimum hiérarchique est le minimum conventionnel de la métallurgie, exprimé en montant annuel brut pour une durée de 35 heures et pour un salarié présent toute l'année. Il se compare à la rémunération annuelle du salarié, hors éléments exclus par la convention, et se majore en cas de convention de forfait. La méthode de contrôle est exposée dans notre guide sur les minima annuels.
- Solde de tout compte
Le solde de tout compte est le document remis au salarié à la rupture du contrat, faisant l'inventaire des sommes versées à cette occasion. Il comprend notamment le salaire du mois, l'indemnité compensatrice de congés payés, l'indemnité compensatrice de préavis le cas échéant et l'indemnité de rupture. Sa signature ouvre au salarié un délai de dénonciation fixé par le code du travail.
- Subrogation
La subrogation est le mécanisme par lequel l'employeur perçoit directement les indemnités journalières de la sécurité sociale dues au salarié, en contrepartie du maintien de son salaire. Elle suppose une mention sur l'attestation de salaire et un suivi des versements reçus. Lors d'une reprise de dossier, l'état des subrogations en cours doit être récupéré pour éviter les doublons et les interruptions de versement.
T
- Taux accident du travail
Le taux accident du travail est le taux de cotisation notifié à chaque établissement pour couvrir le risque professionnel. Il dépend de l'activité exercée et, selon la taille de l'entreprise, de sa sinistralité propre. Une entreprise industrielle exploitant plusieurs sites peut se voir notifier plusieurs taux distincts, à appliquer établissement par établissement.
- Temps de travail effectif
Le temps de travail effectif est la période pendant laquelle le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer à des occupations personnelles. Il sert de base au décompte des heures supplémentaires et au respect des durées maximales. Certains temps, comme l'habillage ou l'astreinte hors intervention, n'en font pas partie mais ouvrent droit à contrepartie.
- Travail posté
Le travail posté est l'organisation dans laquelle des équipes se succèdent sur un même poste de travail selon un cycle défini. Il prend la forme du 2x8, du 3x8 ou du 5x8 selon le nombre de postes quotidiens et d'équipes. Ses effets en paie varient fortement d'une branche à l'autre, comme l'expose notre guide sur la paie du travail posté.
- Travailleur de nuit
Le travailleur de nuit est le salarié qui accomplit, selon une définition légale et conventionnelle précise, un volume suffisant d'heures pendant la période nocturne. Cette qualification ouvre droit à une majoration spécifique, à une contrepartie en repos et à un suivi médical renforcé. Elle ne se déduit pas de la seule appartenance à une équipe de nuit et se vérifie individuellement.
U
- URSSAF
L'URSSAF est l'organisme chargé du recouvrement des cotisations et contributions sociales ainsi que du contrôle de leur exactitude. Elle notifie un avis avant tout contrôle sur place, adresse une lettre d'observations à l'issue de ses vérifications, puis met les sommes en recouvrement. La contestation passe d'abord par une commission de recours amiable avant toute action devant le juge.
V
- Valeur du point
La valeur du point est le montant unitaire servant à convertir un coefficient ou un taux en euros. En métallurgie, elle est négociée territoire par territoire et sert au calcul de la prime d'ancienneté, avec une date d'effet propre à chaque accord. Dans d'autres branches industrielles, elle sert à construire l'ensemble de la grille des minima.
- Versement mobilité
Le versement mobilité est la contribution due par les employeurs situés dans le ressort d'une autorité organisatrice des transports, au-delà d'un seuil d'effectif. Son taux dépend de la commune d'implantation de l'établissement, et non du siège de l'entreprise. Une entreprise industrielle implantée sur plusieurs sites peut donc être soumise à plusieurs taux distincts.
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