Minima hiérarchiques métallurgie
Une garantie annuelle, une assiette définie par l'article 140, et un jugement de décembre 2025 qui en exclut les primes de poste. Ce qu'il faut recalculer.
Voir la pageBarèmes et minima
La grille de la métallurgie ne se lit pas comme une grille mensuelle de coefficients : elle donne un montant annuel par classe, décliné selon le mode de décompte du temps de travail. Une lecture mensuelle produit des écarts dans les deux sens.
La grille des salaires minima hiérarchiques de la métallurgie donne, pour chacune des 18 classes d'emplois, un montant annuel brut et non un montant mensuel. Ce montant est exprimé pour une durée de 35 heures hebdomadaires, soit 151,67 heures par mois, et pour un salarié présent toute l'année. Les classes sont regroupées deux par deux en 9 groupes, de A à I. La comparaison entre la rémunération réelle et le minimum s'apprécie donc sur l'année civile complète, ce qui autorise des mois inégaux et fait entrer un treizième mois d'entreprise dans le calcul annuel.
La grille ne comporte pas une colonne mais trois. La première donne le minimum de base. La deuxième donne le minimum applicable aux salariés en convention de forfait annuel en heures, majoré de 15 %. La troisième donne le minimum applicable aux salariés en convention de forfait annuel en jours, majoré de 30 %. Comparer un cadre en forfait jours au minimum de base est une erreur fréquente, et elle porte sur près d'un tiers du montant.
Les salariés qui occupent un emploi des classes 11 et 12 et qui comptent moins de six ans d'expérience professionnelle relèvent d'un barème distinct, progressif, découpé en trois tranches d'expérience : moins de deux ans, de deux à moins de quatre ans, de quatre à six ans. Ce barème est nettement inférieur au barème général : le minimum d'un ingénieur débutant classé en classe 11 s'établit à 28 430 € la première année, contre 35 200 € au barème général. Les deux erreurs symétriques se rencontrent, appliquer le barème général à un débutant, et maintenir le barème débutant au-delà de six ans d'expérience. Les montants complets figurent sur la fiche des barèmes.
Lire la grille
Le salaire minimum hiérarchique est une garantie annuelle. Il se compare sur l'année civile, une fois l'exercice clos, et non mois par mois. Une comparaison mensuelle fait apparaître des insuffisances qui n'en sont pas, notamment pour les salariés dont la rémunération comporte une part variable, une prime semestrielle ou un treizième mois, et elle peut à l'inverse masquer une insuffisance réelle lorsque les mois hauts compensent les mois bas dans le calcul mais pas dans la comparaison. Un équivalent mensuel calculé en divisant le montant annuel par douze n'a qu'une valeur indicative : ce n'est pas la règle applicable.
Trois montants coexistent pour une même classe. Un salarié dont le temps de travail est décompté en heures se compare au minimum de base. Un salarié en convention de forfait annuel en heures se compare au minimum majoré de 15 %. Un salarié en convention de forfait annuel en jours se compare au minimum majoré de 30 %. Le choix de la colonne dépend du dispositif réellement mis en place et documenté par une convention individuelle écrite, pas de l'intitulé du poste ni de l'appartenance au statut cadre. Un cadre sans convention de forfait valable relève du barème de base et du décompte horaire.
La garantie étant annuelle et exprimée pour un salarié présent toute l'année sur une base de 35 heures, elle se proratise en cas de temps partiel, d'entrée en cours d'année, de sortie en cours d'année, et de changement de classement en cours d'année. Ce dernier cas est celui qu'on oublie le plus : un salarié passé de la classe 6 à la classe 8 au 1er juillet ne se compare ni à l'un ni à l'autre des deux montants, mais à leur combinaison au prorata des périodes. Les absences non rémunérées appellent le même raisonnement, ce qui suppose de savoir sur quelles périodes le contrat a réellement produit rémunération.
Le contrôle du SMIC reste dû, mensuellement, indépendamment du contrôle annuel du minimum conventionnel. Les premières classes de la grille en sont proches, ce qui rend la vérification indispensable plutôt que théorique. Il faut par ailleurs distinguer la grille des minima, nationale, des accords territoriaux qui fixent la valeur du point servant à la prime d'ancienneté et les indemnités de repas : ces derniers ne figurent pas dans la convention nationale et suivent leurs propres calendriers de revalorisation, territoire par territoire.
Déroulement
Une grille ne sert à rien si la classe est fausse. Nous vérifions d'abord que chaque salarié est rattaché à une classe notifiée par écrit, issue d'une cotation reposant sur une description d'emploi, et que ce classement a été réexaminé lorsque le contenu de l'emploi a changé. Les emplois situés juste sous une frontière de classe sont examinés en priorité, car c'est là que se logent les écarts les plus discutés.
Nous identifions ensuite le mode de décompte du temps de travail applicable à chaque salarié, avec la convention individuelle qui le fonde, pour retenir le minimum de base ou l'un des deux minima majorés. Les salariés des classes 11 et 12 sont traités à part, afin d'appliquer le barème des débutants du groupe F pendant les six premières années d'expérience professionnelle et de basculer sur le barème général au bon moment.
Nous construisons pour chaque salarié le total annuel à comparer, en écartant les éléments qui n'entrent pas dans l'assiette de l'article 140 et en tenant compte du jugement du 2 décembre 2025 sur les primes liées aux organisations particulières de travail. Ce calcul est mené hors du logiciel de paie, pour ne pas reproduire une éventuelle erreur de paramétrage dans le contrôle lui-même.
Nous menons un contrôle en projection en cours d'année, généralement à la fin du troisième trimestre, puis un contrôle définitif une fois l'exercice clos. La projection évite la régularisation de décembre, qui arrive au pire moment et se répercute sur les cotisations et les allègements. Le contrôle définitif produit la liste des salariés à régulariser et le montant dû, exercice par exercice.
Le barème en vigueur résulte de l'avenant du 20 février 2026, qui a relevé la grille de 0,86 % en moyenne avec effet au 1er janvier 2026 et a été étendu par arrêté du 20 mai 2026. Il s'étend de 21 980 € pour la classe 1 à 68 450 € pour la classe 18. L'histoire récente de la grille comporte toutefois une particularité qu'il faut connaître pour reprendre un exercice antérieur : aucun avenant salaires n'a été signé pour 2025. Les négociations de branche ont échoué les 19 et 20 février 2025, l'offre de revalorisation ayant été refusée par les organisations syndicales. En conséquence, la grille issue de l'avenant du 11 juillet 2023, applicable au 1er janvier 2024, est restée en vigueur pendant toute l'année 2025.
Cette absence de revalorisation en 2025 a deux conséquences pratiques. La première concerne les contrôles rétroactifs : un audit portant sur 2025 doit se référer à la grille de 2024, et non à une grille intermédiaire qui n'a jamais existé. La seconde concerne le SMIC. Les premières classes de la grille sont proches du salaire minimum légal, et une grille gelée pendant qu'il progresse voit ses bas de barème rattrapés. Lorsque le minimum conventionnel devient inférieur au minimum légal, c'est ce dernier qui s'applique, et le contrôle mensuel du SMIC reste dû en parallèle du contrôle annuel de la garantie conventionnelle.
La grille officielle est publiée par la branche à chaque avenant salaires, et le texte lui-même est consultable dans la convention consolidée. La difficulté n'est pas de la trouver mais de savoir laquelle appliquer à quelle période, en particulier lorsqu'un avenant prend effet rétroactivement au 1er janvier alors qu'il est signé en février et étendu au printemps. Les entreprises appliquent alors le nouveau barème sur des mois déjà payés, ce qui suppose une régularisation, et la comparaison annuelle intègre naturellement ce rattrapage puisqu'elle porte sur l'année entière. Nous tenons les montants à jour sur la fiche des barèmes, avec la date d'effet et le texte source de chaque valeur, et le détail du mécanisme de comparaison est développé sur la page consacrée aux salaires minima hiérarchiques.
Questions fréquentes
Non. Elle donne un montant annuel brut par classe, exprimé pour 35 heures hebdomadaires et pour un salarié présent toute l'année. Certains documents diffusent un équivalent mensuel obtenu en divisant par douze : c'est un repère commode pour situer un salaire, mais ce n'est pas la règle applicable. La garantie s'apprécie sur l'année civile, ce qui change le résultat dès qu'une rémunération comporte des éléments non mensuels, prime semestrielle, treizième mois, part variable annuelle. Le tribunal judiciaire de Paris a d'ailleurs rappelé en décembre 2025 le caractère annuel de cette garantie, à l'occasion d'un litige sur son assiette de comparaison.
Le barème spécifique du groupe F, pendant ses six premières années d'expérience professionnelle. Ce barème comporte trois tranches, moins de deux ans, de deux à moins de quatre ans, de quatre à six ans, et il concerne les classes 11 et 12. Il est nettement inférieur au barème général : 28 430 € pour la classe 11 en première tranche, contre 35 200 € au barème général. Deux points de vigilance : l'expérience professionnelle s'apprécie globalement et pas seulement dans l'entreprise, et le passage au barème général doit être déclenché au bon moment, faute de quoi le minimum reste sous-évalué de façon durable.
Non, et c'est un point qui surprend lors des reprises de dossiers. Les négociations salariales de branche ont échoué en février 2025, aucun avenant n'a été signé, et la grille issue de l'avenant du 11 juillet 2023, applicable depuis le 1er janvier 2024, est restée en vigueur toute l'année 2025. Un contrôle portant sur l'exercice 2025 doit donc se référer à cette grille. Cela ne dispense en rien du contrôle du SMIC : pendant que la grille conventionnelle restait figée, le salaire minimum légal a été revalorisé, ce qui a resserré l'écart sur les premières classes et rendu le rattrapage plus fréquent.
Non, c'est le montant le plus favorable au salarié qui s'applique. Lorsque le minimum conventionnel d'une classe est inférieur au SMIC, c'est le SMIC qui constitue le plancher. Les deux contrôles coexistent et n'ont ni la même périodicité ni la même assiette : le SMIC se vérifie mensuellement, avec ses propres règles d'assiette, alors que la garantie conventionnelle se vérifie une fois l'année civile close, sur l'assiette de l'article 140. Un salarié peut être au-dessus du SMIC chaque mois et sous le minimum conventionnel sur l'année, ou l'inverse, ce qui interdit de traiter les deux contrôles comme un seul.
Pour aller plus loin
Une garantie annuelle, une assiette définie par l'article 140, et un jugement de décembre 2025 qui en exclut les primes de poste. Ce qu'il faut recalculer.
Voir la pageLa convention est nationale, mais la valeur du point servant à la prime d'ancienneté reste fixée territoire par territoire, avec des dates d'effet propres.
Voir la pageSix critères classants cotés sur dix degrés, une somme convertie en classe puis en groupe : la cotation des emplois de la métallurgie, étape par étape.
Voir la pagePremier contact
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