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Centre-Val de Loire

Six départements, six conventions disparues : la paie industrielle en Centre-Val de Loire

Chacun des six départements de la région avait sa propre convention de métallurgie, ce qui est rare en France. Les commissions paritaires qui leur ont succédé fixent aujourd'hui six valeurs de point différentes.

Une région de spécialités industrielles très marquées

Le Centre-Val de Loire n'a pas de filière unique mais une série de spécialisations fortes, chacune localisée. L'Eure-et-Loir forme le cœur de la Cosmetic Valley, avec une production pharmaceutique et cosmétique importante à Chartres et à Dreux. Le Loiret prolonge cette orientation autour d'Orléans, en y ajoutant le caoutchouc et les polymères du Montargois. L'Indre-et-Loire travaille la microélectronique et les composants de puissance à Tours. Le Cher concentre l'armement et les systèmes terrestres à Bourges, avec la bijouterie de Saint-Amand-Montrond. L'Indre associe les sièges et équipements aéronautiques d'Issoudun à la maintenance aéronautique de Châteauroux. Le Loir-et-Cher réunit les équipements automobiles et l'électronique de Blois avec la mécanique de Romorantin.

Cette dispersion a une conséquence directe : deux entreprises de la région à quatre-vingts kilomètres l'une de l'autre peuvent appliquer des conventions différentes, des grilles différentes et des dates de revalorisation différentes. L'Indre affiche par ailleurs 13 964 emplois industriels pour 28,7 % de l'emploi départemental, huitième rang national en part, ce qui en fait un territoire nettement plus industriel que sa notoriété ne le laisse supposer.

Le tissu industriel local

La pharmacie et la cosmétique constituent le premier ensemble régional, avec des sites de production soumis aux bonnes pratiques de fabrication, donc à des exigences d'habillage, de sas et de traçabilité qui produisent du temps rémunéré hors travail effectif. Les bassins de Chartres, Dreux et Orléans en concentrent l'essentiel.

L'aéronautique forme le deuxième ensemble, entre Issoudun et Châteauroux, avec des activités de maintenance et de démantèlement qui fonctionnent par chantier. L'armement de Bourges relève d'une logique de programme, avec des pics liés aux commandes publiques. L'automobile de Blois et de Romorantin dépend des cadences des constructeurs. La microélectronique tourangelle fonctionne en continu. À cela s'ajoutent le caoutchouc du Montargois, l'agroalimentaire et la logistique industrielle qui irrigue toute la vallée de la Loire.

L'héritage conventionnel en Centre-Val de Loire

La région constitue un cas d'école de la carte conventionnelle d'avant 2024 : un département, une convention, sans regroupement ni découpage interne.

  • Cher : métallurgie du Cher, ex-IDCC 1576 ;
  • Eure-et-Loir : métallurgie d'Eure-et-Loir, ex-IDCC 984 ;
  • Indre : métallurgie de l'Indre, ex-IDCC 934 ;
  • Indre-et-Loire : métallurgie d'Indre-et-Loire, ex-IDCC 2992, brochure 3109-29 ;
  • Loir-et-Cher : métallurgie de Loir-et-Cher, ex-IDCC 2579 ;
  • Loiret : métallurgie du Loiret, ex-IDCC 1966.

Ces six textes ont disparu au 31 décembre 2023 et leurs identifiants ne doivent plus apparaître nulle part, ni sur un bulletin, ni dans une déclaration. Leur périmètre reste en revanche celui des commissions paritaires territoriales, qui fixent chacune leur valeur de point. Deux départements de la région, l'Indre et le Loir-et-Cher, figurent parmi les territoires où cette valeur est la plus élevée que nous ayons relevée en France, ce qui donne à la prime d'ancienneté un poids sensiblement supérieur à la moyenne pour un même classement et une même ancienneté.

Points de vigilance

Ce que nous voyons le plus souvent en Centre-Val de Loire

Habillage et sas en production pharmaceutique

Lorsque la tenue est imposée et doit être enfilée sur place pour des raisons d'hygiène, le temps d'habillage n'est pas du temps de travail effectif mais ouvre droit à une contrepartie, due pour chaque semaine comportant au moins une opération d'habillage, y compris une semaine incomplète. Beaucoup de sites versent une prime forfaitaire mensuelle sans vérifier qu'elle atteint le minimum conventionnel. Nous recalculons la contrepartie sur la base du taux horaire du minimum applicable.

Une prime d'ancienneté au poids inhabituel

Le taux de la prime dépend de la classe, de 1,45 % à 3,80 %, mais son montant dépend surtout de la valeur du point du territoire. Dans deux départements de la région, cette valeur figure parmi les plus hautes relevées, ce qui rend l'erreur coûteuse : une base sous-évaluée de quelques centimes produit un rappel sur plusieurs années pour tout l'atelier, puisque la prime se verse chaque mois sur une ligne distincte.

Chantiers aéronautiques et déplacements

Les activités de maintenance et de démantèlement d'aéronefs envoient des équipes en déplacement pour des durées variables. Les indemnités de repas et de petits déplacements ne figurent pas dans la convention nationale : elles relèvent d'accords territoriaux autonomes, différents d'un département à l'autre. Une équipe de l'Indre détachée dans le Loiret pose donc une question de base applicable, à trancher avant le premier versement.

Notre prestation

Ce que nous prenons en charge en Centre-Val de Loire

Le périmètre est le même partout. Ce qui change d'un territoire à l'autre, c'est la connaissance des accords locaux, des valeurs de point applicables et des interlocuteurs administratifs.

La séquence que nous suivons à la reprise d'un dossier

Nous établissons d'abord la cartographie des établissements et de leur territoire de rattachement, ce qui prend ici plus de temps qu'ailleurs puisque six périmètres se juxtaposent sur une région de taille moyenne. Nous relevons pour chacun l'accord de valeur de point en vigueur, sa date d'effet et l'accord de panier ou de déplacement applicable.

Nous contrôlons ensuite le classement de chaque salarié en groupe et en classe, à partir des notifications remises et non du libellé de poste enregistré dans le logiciel. C'est le classement qui commande le minimum annuel, le taux de la prime d'ancienneté, la durée du maintien de salaire et celle du préavis. Le mécanisme de cotation est expliqué sur la page classification et cotation des emplois, et le calcul de la prime sur la fiche prime d'ancienneté en métallurgie.

Questions fréquentes

Paie industrielle en Centre-Val de Loire : vos questions

Pourquoi la prime d'ancienneté varie-t-elle autant d'un département voisin à l'autre ?

Parce que sa base n'a jamais été nationale. La convention fixe le taux applicable à chaque classe, de 1,45 % pour la classe 1 à 3,80 % pour la classe 10, mais la valeur du point qui sert de multiplicateur est négociée par la commission paritaire territoriale. Deux salariés classés identiquement, avec la même ancienneté, l'un dans l'Indre et l'autre dans un département voisin, perçoivent donc des montants différents. Ce n'est pas une anomalie mais le résultat assumé de l'architecture conventionnelle, qui a conservé un étage territorial pour cette prime précise.

Nos salariés portent une tenue imposée : que devons-nous verser ?

Si le port de la tenue est imposé par la loi, la convention, le règlement intérieur ou le contrat, et si l'habillage doit avoir lieu sur le site pour des raisons d'hygiène ou de sécurité, une contrepartie est due. Elle est au moins égale à la moitié du taux horaire du minimum hiérarchique applicable, pour chaque semaine comportant un temps d'habillage, même incomplète. Le temps lui-même n'est pas du temps de travail effectif et n'entre pas dans le décompte des heures supplémentaires. La contrepartie peut être versée mensuellement, annuellement, ou convertie en repos équivalent.

Un ancien numéro de convention figure encore sur nos bulletins, est-ce grave ?

C'est une anomalie à corriger sans attendre. Les identifiants des conventions territoriales de métallurgie sont fermés depuis le 1er janvier 2024 : les faire figurer sur un bulletin entretient une information fausse sur le texte applicable, et les porter en déclaration sociale nominative expose à des rejets ou à des retraitements. Le remplacement ne se limite pas au numéro : le bulletin doit aussi refléter le nouveau vocabulaire de classement, en groupes et en classes, et non les anciens niveaux, échelons, coefficients ou positions, qui n'ont plus d'existence conventionnelle.

Autres territoires

Nous intervenons également

Nous traitons des dossiers à Chartres, Dreux, Orléans, Tours, Bourges, Châteauroux, Issoudun, Blois et Montargis.

Les départements de la région, chacun avec son héritage conventionnel et ses accords territoriaux :

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